Avec ce billet, nous vous présentons le premier éclairage sectoriel de notre observatoire, à retrouver dans notre série :
« Faisons parler nos chiffres ».
L’observatoire de la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France comprend 74 secteurs différents.
L’un d’eux est exclusivement dédié à l’observation des communes avec une sélection de 1821 sites web répartis sur l’ensemble du territoire national.
Rappel : nos relevés portent uniquement sur les obligations déclaratives, sans préjuger de l’accessibilité réelle pour les usagers.
1,87 % des communes affichent leur niveau d’accessibilité
Sur 1821 communes, seules 34 communes présentent les éléments requis par la loi que nous scrutons en matière d’accessibilité numérique, à savoir :
- Une mention d’accessibilité sur la page d’accueil,
- Une déclaration conforme au modèle en vigueur,
- Un schéma pluriannuel d’accessibilité.
En détail
- 21,3 % des communes affichent une mention d’accessibilité
- 30,3 % ont publié une déclaration,
- Mais seulement 12,2 % ont une déclaration de moins de trois ans (ce qui est requis par la loi),
- 2 % affichent une stratégie sur plusieurs années (schéma pluriannuel),
- 0,5 % déclarent être à 100 % de conformité
- 80 % semblent n’avoir jamais fait auditer leur site
« Non conforme » sans audit
80 communes déclarent leur site non conforme sans l’avoir fait auditer.
C’est autorisé, mais cela doit être provisoire.
Normalement, elles doivent ensuite :
- Améliorer l’accessibilité du service
- Faire réaliser un audit pour mesurer les progrès
Des taux identiques par prestataire
Dans ce secteur, 68 prestataires ont accompagné des communes dans la mise en œuvre de leur site.
Parmi eux, quatre prestataires totalisent à eux seuls 210 communes accompagnées (soit plus d’une commune sur dix de notre échantillon).
Systématiquement, dans leurs déclarations, toutes les communes accompagnées par un de ces quatre prestataires affichent le même taux de conformité :
- 98,2 % pour le premier
- 77,0 % pour le deuxième
- 80,6 % pour le troisième
- 90,6 % pour le quatrième
Deux explications possibles
- Ces prestataires ont développé des solutions réellement conformes dès le départ, et les communes maintiennent ce niveau quel que soit le contenu ajouté.
- Les audits ont été réalisés sur des sites modèles, avant l’ajout des contenus par les communes.
Dans ce second cas (qui paraît le plus probable compte tenu de l’ampleur des chiffres…), la conformité déclarée ne correspond plus à la réalité une fois les actualités, PDF et photos ajoutés par exemple.
Et concrètement, cette inaccessibilité, qu’est-ce que ça change ?
Pour un internaute aveugle, un site communal non accessible, c’est :
- Ne pas pouvoir consulter les horaires de la mairie
- Ne pas pouvoir télécharger un acte de naissance
- Ne pas pouvoir inscrire son enfant au centre de loisirs
- Ne pas pouvoir signaler un problème sur la voirie
- …
Pour ce même internaute, cela signifie :
- Devoir téléphoner ou se déplacer pour faire ce que les autres font en deux clics,
- Ou solliciter un tiers pour avoir accès, comme n’importe qui, aux informations de sa propre commune.
Municipales 2026 : un sursaut numérique ?
Les 15 et 22 mars 2026, de nouvelles équipes seront élues dans de nombreuses communes.
C’est l’occasion de :
- Remettre l’accessibilité numérique à l’ordre du jour
- Permettre à tous les citoyens d’accéder aux mêmes services
À suivre…